À Vaulx-en-Velin, les chemins de la mémoire transmettent l’esprit de Résistance aux nouvelles générations

À Vaulx‑en‑Velin, la mémoire de la Résistance dépasse largement le cadre des cérémonies commémoratives. Elle s’inscrit dans les quartiers, se transmet dans les écoles et se nourrit du dialogue entre générations. Depuis 2019, les « Chemins vaudais de la mémoire de la Résistance » proposent aux élèves une immersion sensible et concrète dans l’histoire locale, au plus près des lieux qu’ils fréquentent chaque jour.
Cette année, à l’occasion de la Journée nationale de la Résistance célébrée le mercredi 25 mai 2026, seize classes de CM2 – soit près de 400 élèves des écoles Vilar, Johnson, Croizat, Anne Frank et Makarenko – ont pris part au projet. À travers différents parcours organisés dans la ville, avec cette année un focus particulier sur Vaulx-Sud, les enfants ont découvert, ce vendredi 29 mai 2026, des figures historiques dont les noms continuent de faire vivre la mémoire collective dans l’espace public comme Missak Manouchian, Jacques Duclos ou encore Irena Sendler.
Une mémoire vivante au cœur des quartiers
Le principe des « Chemins vaudais » repose sur une idée simple : transformer la ville en terrain de transmission. Au fil des parcours, les élèves découvrent qui étaient les femmes et les hommes derrière les noms de rues, de places ou d’équipements qu’ils croisent quotidiennement.
Munis de questionnaires pédagogiques, ils avancent de panneau en panneau – vingt-quatre au total – observant leur environnement avec un regard neuf. Peu à peu, les façades, les plaques de rues et les espaces publics deviennent les témoins silencieux d’histoires de courage, d’engagement et de liberté.
« C’est fou tout ce que ces personnes ont fait. Je ne pensais pas que les noms de nos rues étaient ceux de personnes aussi importantes à Vaulx‑en‑Velin », confie un élève de l’école Makarenko.
Cette approche immersive permet aux enfants de s’approprier leur territoire autrement. La mémoire ne reste plus figée dans les manuels scolaires : elle devient tangible, proche et profondément humaine.
Comprendre la Résistance à travers des figures inspirantes
Le projet permet également d’aborder la Résistance de manière incarnée, à travers des personnalités aux parcours marquants qui donnent un visage concret aux valeurs de liberté, de justice et de solidarité.
Les élèves découvrent notamment Danielle Casanova, résistante communiste et figure majeure de la lutte contre l’occupation nazie. Déportée à Auschwitz en raison de son engagement, elle demeure aujourd’hui un symbole puissant de courage et de fraternité.
Les parcours évoquent aussi Jean Peyri, résistant vaudais engagé contre l’occupation allemande, dont l’histoire participe pleinement à la mémoire locale et au récit collectif de la ville.
D’autres figures ouvrent la réflexion sur des formes plus contemporaines de résistance face aux discriminations et aux inégalités. C’est le cas de Katherine Johnson, mathématicienne afro-américaine ayant contribué aux grandes missions spatiales de la NASA malgré la ségrégation raciale aux États-Unis. Son parcours illustre une autre manière de résister : par le savoir, la persévérance et l’excellence.
Les élèves découvrent également des personnalités comme Édouard Aubert, dont l’engagement continue d’alimenter la mémoire citoyenne locale.
À travers ces destins singuliers, les enfants comprennent que la Résistance ne se limite pas à une période historique : elle renvoie plus largement à la capacité de défendre des valeurs humaines fondamentales face à l’injustice.

Former les passeurs de mémoire de demain
Au-delà de l’apprentissage historique, les « Chemins vaudais » poursuivent une ambition essentielle : faire de la jeunesse la gardienne de cette mémoire collective.
Les enseignants investis dans le projet constatent d’ailleurs l’empreinte durable laissée sur les élèves. Certains anciens participants, aujourd’hui collégiens, se souviennent encore précisément des parcours réalisés plusieurs années auparavant, des échanges vécus et des histoires découvertes.
Cette transmission intergénérationnelle constitue le cœur même du dispositif. L’objectif n’est pas seulement de raconter le passé, mais de permettre aux jeunes habitants de s’en emparer pour continuer, demain, à le faire vivre.
Dans cette dynamique, deux classes pilotes pourraient voir le jour dès l’année prochaine afin de travailler tout au long de l’année autour des cérémonies mémorielles et de l’histoire de la Résistance. Les élèves seraient alors associés plus étroitement aux temps forts citoyens organisés par la Ville et ses partenaires.
Une attractivité territoriale fondée sur la transmission et l’engagement
À travers ce projet, Vaulx‑en‑Velin affirme une identité territoriale forte : celle d’une ville qui valorise son histoire, implique sa jeunesse et fait de la transmission un véritable levier d’émancipation citoyenne.
Les « Chemins vaudais de la mémoire de la Résistance » illustrent aussi la capacité du territoire à fédérer écoles, enseignants, collectivités et acteurs locaux autour d’une ambition commune : former des citoyens éclairés, conscients de l’histoire de leur ville et des valeurs qu’elle porte.
L’attractivité d’un territoire ne se mesure pas uniquement à ses équipements ou à ses projets urbains ; elle se construit aussi dans cette capacité à transmettre une mémoire commune, à créer du lien et à donner du sens aux générations qui grandissent sur son sol.
Prêts à marcher sur les traces des résistants vaudais ?
Découvrez les Chemins vaudais de la mémoire de la Résistance sur le site de la Ville de Vaulx‑en‑Velin et plongez dans une histoire locale riche d’engagements et de courage.